Volume 30, number 1, janvier 2016

Conception des ateliers d’entretien mécanique pour les véhicules à gaz naturel

Sur nos routes circulent de plus en plus de véhicules à gaz naturel, sous forme comprimée (GNC) ou liquéfiée (GNL). Tout comme pour les véhicules à essence ou au diesel, un entretien adéquat est essentiel afin de leur assurer une durée de vie optimale.

Qu’en est-il de l’aménagement des ateliers mécaniques pour ces nouveaux véhicules? À l’heure actuelle, le Canada et le Québec n’ont pas de code qui a force de loi spécifiant les exigences des installations intérieures d’entretien, d’entreposage et de manutention de fret pour les véhicules à gaz naturel.

Cependant, de multiples codes et publications traitent du sujet. Nous exposerons donc ici les principales exigences émises par certaines normes américaines et internationales ainsi que par diverses autorités, telles que Ressources naturelles Canada et l’Alliance canadienne pour les véhicules à gaz naturel (ACVGN).

Considérations générales

Tout d’abord, à moins d’indication contraire de l’exploitant, les véhicules à gaz naturel peuvent circuler partout où les véhicules à essence ou au diesel sont autorisés, incluant les stationnements souterrains (commerciaux et résidentiels) et les tunnels. De même, aucune carte de qualification n’est requise pour le remplissage. Les véhicules ne doivent présenter aucune fuite de carburant avant de pénétrer dans un parc de stationnement couvert.

L’entretien ou la réparation des composantes du système d’alimentation en carburant (gaz naturel) doivent être effectués par un mécanicien titulaire du certificat de compétence approprié1 délivré par le ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale (Emploi Québec).

Aménagement des ateliers et types de réparations offertes

Il est important de distinguer l’aménagement des ateliers de réparations mineures des ateliers destinés aux travaux majeurs. Ainsi, la norme NFPA 30A exempte les ateliers de réparations mineures de toutes modifications relativement à la présence de véhicules à gaz naturel. L’installation de détecteurs de méthane reliés à une alarme sonore est toutefois recommandée. Les réparations mineures comprennent, sans toutefois s’y limiter, les activités suivantes :

  • le graissage;
  • l’inspection et les travaux mineurs d’entretien, comme la mise au point de moteurs;
  • le remplacement des pièces;
  • les vidanges d’huile, d’antigel, du liquide de transmission, du liquide de frein, des réfrigérants de climatisation, etc.;
  • les réparations du circuit de freinage;
  • la rotation des pneus;
  • d’autres travaux d’entretien courants similaires.

 

Les réparations majeures nécessitent habituellement une période continue de 8 à 12 heures de travail. Il peut s’agir, par exemple, des activités suivantes :

  • la révision du moteur;
  • la peinture;
  • les travaux sur la carrosserie;
  • les travaux de soudure ou de meulage;
  • les réparations nécessitant la vidange du réservoir de carburant du véhicule.

Une autre considération importante à relever est la présence prolongée de véhicules au GNL dans le bâtiment. Comme le carburant GNL est un liquide cryogénique contenu dans un réservoir non réfrigéré, celui-ci se réchauffe lorsqu’il est exposé aux températures ambiantes, et la pression de vapeur à l’intérieur du réservoir augmente. Cette pression est gérée par une soupape de surpression qui pourrait libérer une certaine quantité de gaz naturel non odorisé à l’intérieur de l’atelier mécanique.

Ainsi, les ateliers mécaniques où sont effectués des travaux majeurs sur ou à proximité de véhicules à gaz naturel doivent être adaptés en conséquence.

La suite de cet article traite donc uniquement des modifications à apporter aux bâtiments où sont effectués des travaux majeurs.

Atelier mécanique pour travaux majeurs

Considérations générales

La forme du plafond est très importante et ne doit pas être négligée, car, en cas de fuite, le gaz naturel ne doit pas être piégé dans des éléments de structure ou de construction au plafond.

Également, l’indice de résistance au feu doit être d’au moins deux heures et les moyens d’évacuation doivent être conformes au code du bâtiment local.

De plus, dans le cas de véhicules au GNL, les planchers doivent être construits avec des matériaux non combustibles qui n’absorberont pas le GNL en cas de déversement.

Chauffage, ventilation et climatisation

Le gaz naturel a une plage d’inflammabilité située entre 5 % et 15 %. Il s’agit de la concentration de gaz naturel dans l’air pouvant former un mélange inflammable. Ainsi, un système de surveillance et de détection du méthane, verrouillé au système d’alarme et de ventilation, est exigé. Les appareils de chauffage et de ventilation doivent être installés à au moins 18 pouces sous le plafond ou au-dessus du plancher. De plus, les éléments de chauffage ne doivent pas présenter une température de surface qui excède 399 °C (750 °F) ni avoir une flamme directe aux endroits où un risque de contact avec le gaz naturel est possible.

Une ventilation minimale et permanente de quatre changements d’air à l’heure (CAH) est exigée, et ce, s’il y a présence de véhicules à gaz naturel et d’équipements électriques non classifiés au plafond. Cependant, si les systèmes et les équipements sont classifiés classe I, zone 2, groupe IIA (division 2, groupe D), alors la ventilation de 4 CAH n’est pas requise.

Un système d’extraction d’air au plafond capable d’évacuer au minimum 8 CAH, couplé au système d’alarme et à l’ouverture automatique des portes de garage, doit pouvoir s’activer si la concentration de méthane détectée est supérieure à 20 % du LII. Dans le cas où cette concentration atteindrait 50 % du LII, le système devrait alors désactiver tous les équipements électriques et de chauffage, en plus de signaler l’évacuation du bâtiment. Le système de surveillance et d’alarme de gaz combustible doit être en mesure de s’autosurveiller et de déclencher une alarme s’il tombe en panne.

La Figure 1 illustre les principes de conception des aires de réparation pour véhicules GNC/GNL.

Figure 1 – Principes de conception des aires de réparation.

Figure 1 – Principes de conception des aires de réparation.

Pour en savoir plus, un document complet présentant entre autres un organigramme décisionnel ainsi qu’une matrice d’interaction type entre les équipements est disponible via le lien suivant :

Ateliers d’entretien mécanique pour véhicules à gaz naturel (GNC et GNL)

 

1 Certificat en technique de carburation au gaz, classe 1 ou 3 (TCG-1, TCG-3).

 

 

David Ducasse, ing.
Conseiller, Technologies gaz naturel pour véhicules
Groupe DATECH

 

Autres publications de référence

pdf